L’Amérique latine, continent du rythme

Les cultures d’Amérique latine sont le résultat d’un mélange d’influences d’Amérique, d’Afrique et d’Europe, dont les diverses musiques et danses du continent rendent compte.
Voici un bref survol de quelques-unes des musiques et danses les plus connues, que vous avez toute chance de voir et, pourquoi pas ?, de pratiquer lors de votre voyage en Amérique latine.

Cet article a été écrit par Yasmi Ixcot Miranda, élève des ateliers francophones de journalisme dispensés par les animateurs du site Voyageurs du Net, à Xela, au Guatémala

LE TANGO

Déclaré Patrimoine de l’humanité par l’Unesco en 2009, le tango est né dans l’estuaire du Río de la Plata, fleuve séparant l’Uruguay de l’Argentine : certains disent qu’il est né à Buenos Aires et s’est ensuite diffusé jusqu’à Montevideo, d’autres qu’il est né sur les deux rives, et dans les deux capitales donc, à la même époque.

Le tango est la fusion de rythmes de danses différentes apportées par les immigrants en Argentine et en Uruguay, à la fin du XIXe siècle. D’abord interdit dans les dancings parce que trop sensuel, le tango, dans les années 1900, n’est d’abord pratiqué que dans les bordels… jusqu’à ce que les enfants de la haute-société de Buenos Aires l’exportent à Paris.

Le tango était la danse la plus populaire en Europe avant la Seconde Guerre mondiale. C’est une compétition de danse sur la Riviera française qui le fait découvrir, avant que la mode ne se répande. A ses débuts, le tango n’était qu’une musique ; les textes, le chant, toujours mélodramatiques, ont été incorporés plus tard. Le légendaire Carlos Gardel fut, dans les années 20 et 30, le premier chanteur de tango célèbre.

LA SALSA

Il se dit que la salsa est née dans les rues de New York, principalement du mélange de rythmes cubains et portoricains, ainsi que d’autres pays d’Amérique latine, dont les résidents sont nombreux aux Etats-Unis. Le mot « salsa » (sauce, en français) a été utilisé pour la première fois dans les années 60 à New York, pour désigner ce mélange de saveurs…

LA BACHATA

Originaire de la République dominicaine, dans les Caraïbes, il s’agit de l’une des danses populaires d’Amérique latine, influencée par les rythmes africains qui prédominent dans la région. Les paroles traitent souvent de peines d’amour. Jusqu’à récemment, elle était considérée comme la musique des classes inférieures et était connue comme la musique de l’amertume. La bachata était d’abord une forme populaire de divertissement populaire, une fête dans la cour, à l’ombre d’une rue ou dans n’importe quel coin ; on dit que la bachata serait issue du fandango andalou.

Le terme « bachata », apparaît au début du XXe siècle, désigne d’abord une réunion festive, caractérisée par divers types de musique et de danse populaires. Le terme, cependant, est distinct de « fête » et de « danse ». Au mitan du XXe siècle, le terme « danses » renvoyait à l’univers des salons de luxe où l’on pratiquait les danses du moment à la mode, au son de l’orchestre. Les « fêtes » sont des festivités au son de la güira, de la tambora (tambour dominicain) ou de l’accordéon, et où les musiques jouées sont le merengue, le zapateo et d’autres rythmes folkloriques similaires. Les bachatas étaient précisément les festivités au son des guitarres et des bongos, durant lesquelles on dansait des boléros, des guarachas et où se jouait aussi du son, de la musique ranchera et du merengue.

En 1989, le musicien dominicain Juan Luis Guerra produit Bachata Rosa. L’album, qui atteint des ventes-record dans le pays et à l’étranger, contribue à populariser et exporter la bachata. La bachata est à présent connue aujourd’hui aussi bien en Espagne qu’aux Pays-Bas, au Mexique ou aux États-Unis et dans de nombreux autres pays.

LE MERENGUE

Cette danse folklorique dominicaine, qui s’est largement répandue dans le monde, est considérée par beaucoup comme la danse nationale dominicaine et ambassadrice du pays depuis de nombreuses années. Apparue au XIXe siècle, le grand succès du merengue, danse et musique populaires, n’a lieu qu’au moment où l’élite dominicaine se familiarise avec cette musique et se l’approprie, au temps de la dictature du caudillo Rafael Leonidas Trujillo (1930-1961).

Le merengue véritable et authentique ne survit aujourd’hui que dans les zones rurales, la forme traditionnelle (guitare, güira et tambora) ayant changé en introduisant des rythmes exotiques. Danse joyeuse et sensuelle, elle a connu un rejet, notamment parce qu’elle se dansait lors de jours fériés dont certains religieux ; mais ce rejet a été vaincu par la séduction de son rythme irrésistible.

LE REGGAETON

Sur la base du reggae qui, plus que tout, évoque la Jamaïque et son plus célèbre ressortissant Bob Marley, le reggaeton a grandi principalement à Puerto Rico et au Panama dans les années 80 et 90. Il assilile aussi l’influence d’autres genres musicaux, à commencer par le hip-hop cultivé dans les rues de New York.

LA SAMBA

Originaire des bidonvilles de Rio de Janeiro, la samba est née au début du XXe siècle, pur héritage de la musique africaine et des migrants venus du nord du Brésil, en particulier de la ville de Bahia, à la suite de l’abolition de l’esclavage. Les écoles de samba (« Scola do samba ») sont nées à cette période.

La samba, bien avant de devenir l’un des genres musicaux d’Amérique les plus reconnus au monde, était une danse de la fertilité d’origine angolaise. Elle doit d’ailleurs son nom à la chorégraphie consistant en un frottement de nombrils (Semba, dans la langue bantoue, signifie « nombril »). Dans la première décennie du XXe siècle, émergent les premiers compositeurs, les chansons cessent d’être systématiquement improvisées.

Comme dans le cas du tango ou le merengue, il a fallu quelque temps à cette musique pour être reconnue et assimilée par les riches. Dans certains cas, la police en est venue à la confiscation des guitares de sambistas (musiciens de samba). Finalement, dans les années vingt, plusieurs facteurs contribuent à sa diffusion et la popularité de la samba atteint peu à peu tous les secteurs. Vient le temps de la consécration de musiciens comme Sinho (flûte et piano) et Pixinguinha (saxophone et flûte), ce dernier jouant même à Paris en 1921.

Plus tard, dans les années 60, de sa rencontre avec le jazz naît l’autre musique populaire brésilienne la plus connue au monde : la bossa nova.

La samba est devenue le rythme par excellence de ces carnavals de Rio à la réputation mondiale, et un symbole absolu du Brésil.

LA CUMBIA

Originaire de l’est de la Colombie et rattachée à la partie haute du fleuve Magdalena, la cumbia est le produit d’un syncrétisme ethnique et culturel d’esclaves noirs déportés depuis l’Afrique et, principalement, d’indigènes. La musique serait apparue à l’ombre et dans les marges du système esclavagiste, dans les espaces de liberté où les esclaves noirs pouvaient s’exprimer librement et interagir avec les indigènes ; il est possible qu’elle ait émergé, donc, près des ports où s’exerçait le commerce des esclaves. Le mot cumbia dériverait du mot africain cumbé, un rythme et une danse originaire d’une région devenue la Guinée équatoriale.

La cumbia est populaire depuis les temps lointains de la colonisation espagnole. Au milieu du XXe siècle, la cumbia connaît une diffusion dans la plupart de l’Amérique Latine. Son adoption dans divers pays du continent, depuis le Pérou jusqu’au Mexique, en passant par le Panama ou Cuba, a donné lieu à de nombreuses variantes.

 

Il ne s’agit là que des rythmes les plus célèbres du continent latino-américain. Il en existe, en effet, bien d’autres, moins connus, à la portée moins large. Citons, par exemple, la punta, une danse et une musique typiques des Garifunas de l’Amérique centrale, le vallenato, un genre de la côte caraïbe colombienne, ou l’évidente musique ranchera qui est partie intégrante de l’identité mexicaine. Et c’est encore sans compter les innombrables musiques et danses propres aux nombreuses cultures indigènes de tout le continent.

3 commentaires sur “L’Amérique latine, continent du rythme

  1. Votre article m’apprend beaucoup de choses que je ne savais pas avant. Les cultures d’Amérique latine sont si riches, ça donne envie d’apprendre à danser.
    Bonne journée

    Elise

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